Mythe d'Isis
Parmi les legendes et mythes d’initiation, le mythe d’Isis est le mythe par excellence de l’ancienne Egypte. La version étudiée ici est celle de Plutarque (1° et 2° siècles après JC).
Plutarque, prêtre d’Apollon et penseur de la lignée platonicienne, croyait fermement que les mythes cachaient une vérité profonde et unique : « de même que les mathématiciens disent que l’arc-en-ciel est une image du soleil diversement colorée par la réflexion de ses rayons dans la nue ; de même le mythe que je viens de te narrer est l’image d’une certaine vérité qui réfléchit une même pensée dans des milieux différents ».
Les noms des personages de ce mythe sont symboliques. Le nom d’Isis est lié au savoir. « Osiris » signifierait « qui a beaucoup d’yeux ». « Typhon », le rival d’Osiris, signifie principe brûlant, sécheresse, aveuglement, fumée. Nephtys, la rivale d’Isis : « les pentes arides que l’érosion (la crue du Nil) n’atteint pas », c'est-à-dire les terres stériles, la stérilité. Il y a donc dans ce mythe une femme, Isis, terre qui peut être légitimement fécondée par Osiris, le Nil ; et une usurpatrice, Nephtys, qui symbolise les terres stériles, avec laquelle l’union donnera Anoubis, « l’obscurité ». De même, Osiris est un mâle fécondant alors que Typhon, son rival, brûle et dessèche les terres. Ce symbolisme lie le mythe d’Isis à son rôle historique de traceur de la sédentarisation et de l’agriculture. Concernant la mer, selon Plutarque, les Egyptiens « n’y voient rien d’autre qu’une espèce de sécrétion corrompue et malsaine », par opposition bien sûr à l'eau douce du Nil, au pouvoir fécondant.
